Histoire de la fripe

Impossible de passer à côté de ce nouveau phénomène de mode : le 2e main revient en force ces dernières années ! Les friperies et magasins de 2e main se multiplient et je ne vous parle même pas des sites, pages et groupes de revente de vêtements sur internet.

Boudée pendant une bonne partie du XXe siècle et au début du XXIe, la fripe a pourtant une longue histoire derrière elle comme en témoignent les nombreuses rues « des fripiers » encore présentes dans nos villes (Namur, Bruxelles, Mons, …) et dont l’origine remonte au Moyen Age.

Il faut se rappeler que les vêtements coutaient autrefois horriblement chers. Entre le coût des matières premières (lin, laine, soie, parfois le coton) qu’il fallait produire, récolter, tisser, teindre (le tout sans machine) et les honoraires des tailleurs et couturiers/couturières qui réalisaient des vêtements sur mesures (il n’y avait pas de magasin de prêt-à-porter), la plupart des honnêtes gens n’acquéraient et ne possédaient que très peu de vêtements neufs tout au long de leur vie. Et ces derniers étaient régulièrement reprisés et rapiécés !

Il était fréquent d’acheter ses vêtements ou morceaux de vêtements (manches, cols, boutons, …) chez les fripiers. Ceux-ci étaient organisés en corporations et il existait un énorme marché du 2e main ! Que ce soit du 2e main de luxe alimenté par les vêtements des plus riches ou des fripes déglinguées dont se vêtaient les plus pauvres et les mendiants, tous les bouts de tissus et vêtements étaient récupérés et usés jusqu’à la corde tant leur valeur était grandes. Les inventaires testamentaires faisaient même mention du contenu des « garde-robes » (ou plutôt malles) des défunts.

Plaque de la rue des fripiers de Bruxelles

C’est au XIXe siècle, lorsque naissent les premiers « magasins de nouveautés » vendant accessoires et vêtements tout « prêts » à porter, que le 2e main connaît un énorme déclin. Beaucoup de pièces sont maintenant standardisées : plus de longues séances de mesures et de retouches. On réutilise des modèles plusieurs fois, les actions deviennent plus mécaniques. Les prix des vêtements neufs diminuent fortement les rendant accessibles à un plus grand nombre. Dès 1860, le recours au 2e main est désormais associé à la pauvreté et à la misère.

S’il n’a jamais totalement disparu, le 2e main est resté marginalisé pendant presque tout le XXe siècle. L’intérêt pour le vintage et les prises de conscience écologiques lui redonnent une nouvelle vie dès les années 80 et on s’en réjouit !

Murielle Lenglez


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